Description de la zone d’intervention : la région de l’Est
- Situation géographique et données statistiques
Suivant le dernier recensement général de la population burkinabè de 2006, la population totale est 1 209 339 habitants soit 8,8% de la population burkinabè. La densité moyenne de population est de 26 hbts/km², soit deux fois moins par rapport à la moyenne nationale qui atteint plus de 52 hbts/km². Le taux d'urbanisation régional est de 6,3% (INSD, 2007), soit à 93,7 % rurale. La région comprend cinq (5) provinces : le Gourma (au centre), la Gnagna et la Komandjari (au nord), la Kompienga (au sud) et la Tapoa (à l'est) (conf. 2.1).
Fada N'Gourma, chef lieu de la région, province du Gourma, est située à 220 km à l'est de la capitale Ouagadougou. Ses coordonnées géographiques sont de 0° 21' longitudes Est et 12° 03 latitudes Nord.
La région est bornée au nord par la région du Sahel, au nord-ouest par la région du Centre-Nord, à l'ouest par celle du Centre-Est et fait frontière avec les pays voisins tels que le Togo au sud, le Bénin au sud-est et le Niger à l'est.
Sur le plan collectivités locales, la région comprend cinq (5) communes urbaines et vingt deux (22) communes rurales.
- Situation socio-économique
Les principales langues parlées sont le français (langue officielle du pays), le goumantchéma, le moré, le fulfulde, le haoussa. Le taux d'alphabétisation est de 28,5% contre 28,3% pour la moyenne nationale, mais avec un taux brut de scolarisation primaire à 47,0 % contre 66,5 % pour la moyenne nationale. Ce qui le place au12ème rang sur les 13 régions que compte le pays (INSD, 2007).
L'économie de la région se repose principalement sur l'agriculture (production de céréales : mil, sorgho, maïs, produits de rente : coton, arachide, fruits et légumes, etc.), l'élevage : bovins (11,4 % de l'effectif national), petits ruminants (10,4 % de l'effectif national) composés de caprins, ovins, porcins, etc., l'aviculture : volaille race locale (poulets, pintades, canards, pigeons, etc.), l'apiculture :(production du miel avec label régional « Miel du Gourma »), la pêche sur la Kompienga, le commerce (céréales, bétail, produits laitiers, produits manufacturières importés, transport, ...), le maraîchage, etc.
- Resources économiques de la région
Tableau 1 Production agricole et animale
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Malgré certaines potentialités propres à la région, la faim, la pauvreté occupent une place importante dans la vie des ménages. Le seuil de pauvreté est de 82 672 FCFA, soit environ 126 €.
Tableau 2Situation sur la pauvreté à l'Est
- Pauvreté monétaire en 2003
1 Niveau de revenu permettant de couvrir le besoin minimum calorique alimentaire et les besoins de base non alimentaires 2 Rapport entre le nombre de personnes pauvres et la population totale 3 Écart relatif moyen au seuil de pauvreté des dépenses de consommation des ménages pauvres 4 Dispersion des dépenses de consommation des ménages pauvres autour de la moyenne de ces dépenses | ||||||||||||||||||||
- Caractéristiques des principales villes de la région
Analysées individuellement, les principales villes que compte la région, présentent des caractéristiques similaires à l'exception du chef lieu, qui fait partie des dix (10) villes moyennes du pays.
Fada N'Gourma, ancienne ville (ville coloniale), est restée pendant longtemps sans un développement économique notable. Cependant ces dernières années, elle a pris un élan qui suscite l'espoir, après certains aménagements intéressants. Il s'agit du bitumage de l'axe Fada - frontière du Bénin (dans les années 90), l'achèvement de la construction du grand marché (2000) et du marché de bétail, un des plus important de l'Afrique de l'Ouest, ouvert en 2004. Elle devient alors un centre commercial très important, renforcé par une situation géographique favorable, à savoir, carrefour routier entre le Burkina Faso, le Niger et le Bénin.
Sur le plan administratif, la volonté politique de notre pays d'aboutir à une démocratie véritable par le processus de la décentralisation et en vue de son renforcement, serait entre autres, le fondement de la régionalisation du Burkina Faso. Ainsi divisé en treize (13) régions (adopté par l'Assemblé Nationale en sa séance du 02 juillet 2001), qui consacre Fada N'Gourma comme chef-lieu de la région de l'Est.
Les autres villes telles que Pama, Diapaga, Gayéri et Bogandé présentent presque les mêmes caractéristiques, sur le plan activités économiques. Mais en particulier présentent un développement très récent. Pour preuve, les communes de Pama et Gayéri n'ont vu le jour qu'après la dernière division administrative du Burkina Faso en 1996 qui a fait passer le nombre de provinces de 30 à 45.
- Potentialités, contraintes et enjeux environnementaux et de développement
Elevage, agriculture, tourisme
La région de l'Est, en générale, dispose d'une foresterie très pauvre au nord (provinces de la Gnagna, et de la Komandjari). C'est toutefois, une des zones d'élevage par excellence du pays. Par contre à l'est et au sud-est, elle dispose d'une foresterie très avantageuse et comprend les parcs du W et d'Arly, richesses en ressource cynégétiques, propice à l'écotourisme, à la chasse et à l'agriculture.
L'état de l'environnement est marqué par l'avancement accéléré du front de terre, lié principalement aux techniques culturales (cultures sur brûlis, extensives, mauvaise gestion des terres : mise en jachère des champs après souvent 3 à 4 ans d'exploitations, etc.), et d'élevage (principalement extensive et couramment en transhumance). Ces techniques culturales et d'élevage donnent des rendements médiocres par rapports au potentiel de production des terres et du milieu. A ces facteurs s'ajoutent le braconnage, les feux de brousses, la coupe incontrôlée du bois, etc., qui ont pour conséquences la désertification, notamment Gnagna et Komandjari, la réduction générale de la pluviométrie (quantités, répartition dans le temps et dans l'espace), la dégradation des terres exploitables (érosion, appauvrissement, etc.), la perte de la biodiversité animale et végétale, etc.
Environnement urbain
L'environnement urbain des principales villes de la région est marqué par le manque d'aménagements adéquats (voirie, réseaux d'assainissements, aménagements paysagés, etc.). En effet, la plupart de ces communes ne disposent pas des capacités budgétaires suffisantes pour la prise en charge totale du secteur de l'assainissement et de la gestion de l'environnement urbain par la mise en place de services techniques municipaux à l'instar des villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
Au regard de cette situation, notre ONG prend l'engagement, en collaboration avec toutes les parties prenantes, de relever le défi et assurer à la région un développement durable.